Résumé :
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La rĂ©alitĂ© des conflits du travail en France demeure largement mĂ©connue. Si l'intensitĂ© des grĂšves dans les entreprises s'est affaiblie au cours des trois derniĂšres dĂ©cennies, les conflits n'ont pas pour autant disparu du monde du travail. L'exploitation des enquĂȘtes statistiques du ministĂšre de l'Emploi tend mĂȘme Ă montrer plutĂŽt une hausse significative du nombre d'Ă©tablissements touchĂ©s par des conflits sociaux entre 1998 et 2004. En mesurant les formes de conflictualitĂ© avec arrĂȘt de travail (grĂšves, dĂ©brayages) et sans arrĂȘt de travail (refus d'heures supplĂ©mentaires, manifestations, pĂ©titions notamment), l'analyse permet de restituer la diversitĂ© et l'Ă©volution des pratiques contestataires utilisĂ©es au quotidien dans les entreprises. Elle montre Ă©galement comment s'articulent ces conflits collectifs et les formes individuelles de conflictualitĂ©, qu'elles prennent la forme de l'absentĂ©isme ou du recours aux prud'hommes, ou soient attestĂ©es par les sanctions prises Ă l'encontre des salariĂ©s par leurs directions. L'augmentation importante des Ă©tablissements concernĂ©s par des refus d'heures supplĂ©mentaires - qu'il n'est pas anodin de remarquer dans une pĂ©riode de remise en cause continue et rĂ©pĂ©tĂ©e des 35 heures - montre d'ailleurs aussi comment ces registres individuels et collectifs se brouillent. Ainsi peut-on comprendre Ă la fois les continuitĂ©s dans la pratique de la grĂšve et les transformations en cours, dans des secteurs marquĂ©s par diffĂ©rentes formes de prĂ©caritĂ© et de rĂ©organisations du travail, qui voient tous un renouvellement des conflits. (4Ăšme de couv.)
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