Résumé :
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L'Ă©cole est fĂ©minine Ă plus d'un titre, portĂ©e par des enseignantes qui ont investi la profession sur la longue durĂ©e, elle est aussi le lieu de la bonne rĂ©ussite scolaire des filles. EnquĂȘter dans l'Ă©cole, c'est donc rencontrer nĂ©cessairement d'abord des femmes professeures, majoritaires dans les deux premiers degrĂ©s et anciennes bonnes Ă©lĂšves du systĂšme. La question du genre Ă l'Ă©cole est pour cette raison incontournable, or pendant longtemps les chemins de la mixitĂ© qu'empruntent les filles puis les enseignantes dans l'institution Ă©ducative ont Ă©tĂ© assez peu explorĂ©s au regard de la dynamique Ă©mancipatrice de ce choix de mĂ©tier. Enjeu fort du pouvoir, la maĂźtrise de la parole constitue prĂ©cisĂ©ment la spĂ©cialitĂ© de la profession qui va en jouer comme d'un levier pour diffuser l'idĂ©al Ă©galitaire. Le parti pris d'affronter les contradictions qui traversent l'Ă©cole oblige Ă considĂ©rer le projet fĂ©ministe tel qu'il a Ă©tĂ© portĂ© au sein du salariat et dans la sociĂ©tĂ© par cette profession. En quelque sorte, cela revient Ă envisager ce groupe professionnel comme un moteur de l'histoire de l'Ă©galitĂ© entre les sexes, malgrĂ© les embĂ»ches d'une mixitĂ© encore trop formelle, et en dĂ©pit de la division sexuĂ©e du travail scolaire, les femmes se rarĂ©fiant Ă mesure que l'on monte dans les degrĂ©s de l'Ă©difice Ă©ducatif, de la maternelle Ă l'universitĂ©. Aujourd'hui la paritĂ© est le motif principal du combat des enseignantes militantes contre l'inertie conservatrice de rĂŽles sociaux de sexe assignĂ©s aux mĂ©tiers de l'enseignement comme Ă l'ensemble des professions du care. La fĂ©minisation des textes syndicaux marque Ă©galement un tournant dĂ©cisif pour une expression politique jusqu'ici confisquĂ©e. (4Ăšme de couv.)
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